La routine quotidienne du génie

La routine du génie

Sarah Green, une rédactrice dans la fameuse revue américaine « Harvard Business Revieuw»,  s’est récemment penchée  sur le quotidien de plusieurs artistes brillants, comme Pablo Picasso, Jane Austen et Ernest Hemingway,  afin de découvrir leur mode de vie et la façon dont ils accomplissaient leurs œuvres. Dans son étude, la chercheuse a essayé de décortiquer exhaustivement le quotidien de ces génies et voici ce qu’elle a découvert: 

  1. Un espace de travail avec « zéro » distraction
    Avec l’explosion de l’utilisation de la technologie, qui offre toujours plus de fonctionnalités, dans notre vie de tous les jours,  toutes les sources de distraction sont mobilisées afin de nous empêcher de bosser. Notre attention est constamment détournée par une sonnerie, un écran ou juste par les pensées.
    Jadis, il n’existait pas ce genre d’appareils, néanmoins pour certains génies, il était quand même primordial de conserver un endroit calme et paisible pour bien bosser.
    Jane Austen insistait à ce que les charnières de sa porte ne soient jamais lubrifiées, de sorte qu’elle ait toujours un avertissement quand une personne s’approchait de la chambre où elle écrivait. William Faulkner enlevait tout le temps la poignée de la porte de son local et la prenait avec lui pour écrire dans le calme total et la sérénité. Quant à La famille de Mark Twain, elle n’osait jamais le déranger, et dans l’éventualité ou ils avaient besoin de lui ils se contentaient  de lancer un bruit sonore pour l’informer.
    Graham Greene est allé encore plus loin, il a loué un bureau secret dont personne, a part sa femme, ne connaissais ni l’adresse ni le numéro de téléphone.
    Etant plus interrompu par la vue travers sa fenêtre, Newell Convers Wyeth s’est procuré un petit carton et l’a collé à ses lunettes comme une sorte de blinder pour l’empêcher de regarder dehors.
  2. Une petite balade quotidienne
    Pour beaucoup, une promenade régulière était indispensable pour le fonctionnement du cerveau. Une étude de 2013, réalisée par Lorenza Colzato, une chercheuse en psychologie cognitive exerçant à l’Université de Leiden, a constaté que les gens qui se promènent à pieds ou en vélo quatre fois par semaine sont capables de réfléchir de façon plus créative que les personnes qui mènent une vie sédentaire. Le British Journal of Sports Medicine a révélé que les avantages de la marche sont étroitement liés à l’humeur des personnes. Notons également que l’exposition au soleil stimule les niveaux de sérotonine – un neuromédiateur impliqué dans la régulation de fonctions telles que la thermorégulation, les comportements alimentaires et sexuels, le cycle veille/sommeil, la douleur, l’anxiété ou le contrôle moteur-  ce qui peut améliorer davantage les perspectives créatives chez les humains. Tous ces avantages évoqués ont été instinctivement appréhendés par plusieurs personnalités qui ont marqué l’histoire.Soren Kierkegaard trouvait ses idées brillantes en baladant et ça lui arrivait souvent de se précipiter vers son bureau afin de les noter tout en gardant son chapeau sur la tête et en tenant son bâton de marche ou son parapluie. Charles Dickens, s’accoutumait  trois heures de marche tous les après-midis et les entamait juste après son écriture.Tchaikovsky avait tous les jours deux heures de marche et ne rentrait jamais plus tôt, farouchement convaincu que le fait de tricher et ne pas finir les 120 minutes ça le rendait malade.

    Beethoven prenait de longues promenades après le déjeuner, portant un crayon et du papier avec lui dans l’éventualité ou il serait frappé par une foudre d’inspiration. Erik Satie faisait de même sur ses longs chemins de Paris à la banlieue où il demeurait, en vertu de l’arrêt de lampadaires pour noter les notions qui ont surgi lors de sa marche ; il est même dit que lorsque ces lampes étaient éteintes pendant les années de guerre, sa productivité a considérablement baissé.

  3. Un travail mesurable et bien organisé
    Mesurer son travail et se fixer des objectifs augmente considérablement l’efficience et le capital humain. En effet, étudier une langue étrangère trente minutes quotidiennement, apprendre à jouer un instrument musical une heure par semaine ou même préparer une nouvelle recette tous les soirs …..  tout cela permet d’acquérir des compétences diverses et variés et enrichit continuellement les compétences.Anthonny Trollpe ne travaillait que trois heures par jour, mais il s’était fixé un objectif d’écrire au moins 250 mots tous les quarts d’heure, et si jamais il finissait le roman sur lequel il  bossait avant la fin de ses trois heures de travail quotidien, il commençait un nouveau bouquin aussitôt qu’il a terminé le précédent.

    Ernest Hemingway notais aussi son travail quotidien sur un tableau suivi de cette phrase « comme ça je ne me leurre pas ».  Burrhus Skinner utilisait une minuterie pour mesurer ses séances d’écriture et il notait attentivement son temps de travail ainsi que le nombre de mots qu’il avait écrits sur un tableau.

  4. Une ligne rouge entre le travail prioritaire et les autres occupations
    Avant d’inventer l’émail, il y avait les lettres! Il est vraiment étonnant (et même embarrassant) de voir le temps que ces génies passaient simplement à répondre aux courriers. Certains divisaient la journée en deux partie, la matinée destinée aux taches prioritaires telles que l’écriture ou la peinture et l’après-midi pour les autres occupations (ex: répondre aux lettres). D’autres se tournaient vers les taches secondaires quand ils manquaient d’inspiration ou quand le travail prioritaire ne va pas bien.  Mais si le nombre de correspondances était aussi important qu’aujourd’hui, ces génies historiques avaient quand même un grand avantage: les courriers arrivaient à intervalles fixes, et non pas constamment comme les emails.
  5. Savoir s’arrêter quand ils sont au bout du rouleau et non pas quand ils sont coincés
    « Mens sana in corpore sano » on peut traduire cette expression latine ainsi : «  un esprit saint dans un corps sain ». Elle signifie que pour obtenir une faculté intellectuelle créative il faut s’engager à s’occuper du corps et bien vivre sur la terre pour contempler les cieux. Dans la même perspective, Hemingway disait « écrivez jusqu’a a ce que vous arriviez à un endroit où vous avez encore du jus et vous savez ce qui va se passer après, arrêtez-vous et essayez de vivre jusqu’au lendemain pour taper encore ». Arthur Miller déclarait  « je ne crois point dans la vidange totale du réservoir, voyez vous? je crois qu’en me levant de la machine à écrire, et même étant loin d’elle, je dois avoir encore des choses à dire.À l’exception de Wolfgang Amadeus Mozart (qui se levait à 6, passait sa journée dans des cours de musique, des concerts, des engagements sociaux  et ne dormait qu’à une heure du matin) beaucoup écrivaient durant la matinée, s’arrêtaient pour déjeuner et se promener, passaient une ou deux heures à répondre aux lettres et cessaient de travailler à 14h ou 15h.
    « Je me  rend compte que si quelqu’un est fatigué et a besoin de repos, et continue quand même à travailler, c’est un fou ! » a écrit Carl Jung.
  6. Un partenaire de soutien
    Une seule main n’applaudit pas, tel aurait pu être le titre de ce paragraphe. Ce vieil adage arabe nous démontre clairement l’importance que joue la vie familiale où même l’amitié dans la  réussite de chaque projet. Dès lors qu’on a une personne de confiance à ses cotés, les difficultés qu’on confronte dans la vie s’avèrent faciles à surmonter.Mason Currey a relaté que Martha freud, l’épouse de Sigmund, « rangeait  ses vêtements, choisissait ses mouchoirs et même  lui mettait du dentifrice sur sa brosse à dents ». Gerturde Stein préférait écrire à l’extérieur, en regardant les pierres et les vaches. Pendant leur périple dans la campagne française, Gertrude aurait souhaité trouver un bon endroit afin de travailler. Alice B. Toklas a cherché quelques vaches et elle les a mises dans le champ de vision de l’écrivain.

    La femme de Gustav Mahler offrait aux voisins des billets d’opéra et leur demander en contre partie de garder leurs chiens calmes pendant que Gustav composait ses musiques.
    (Bien qu’elle ait été amèrement déçue lorsqu’il l’avait forcée à abandonner sa prometteuse carrière musicale).
    Les célibataires ont tout de même bénéficié de l’aide de leurs proches: Cassandra, la frangine de Jane Austen, effectuaient toutes les taches domestiques afin que cette dernière ait le temps d’écrire « la composition me semble impossible avec une tête remplie de tranches de viande de mouton et des doses de rhubarbe » disait Jane.
    Andy Warhol appelait son amie et collaboratrice Pat Hackett tous les matins. Il lui racontait ses activités de la journée précédente en détail. Pour « faire le journal », les communications entre les deux hommes pouvaient se prolonger jusqu’à deux heures de temps. Cette habitude a duré presque 11 ans c’est-à-dire de 1976 jusqu’a la mort de Warhol en 1987.

  7. Une vie sociale limitée
    La perte de temps dans les activités futiles n’apportent guère de progrès et pourrait être très néfaste tant pour la vie sociale que pour la vie professionnelle.Un des amis de Simone de Beauvoir, en parlant de leur vie commune, disait  « il n’y avait pas de fêtes, aucune réception, pas de valeurs bourgeoises…. c’était une vie épurée, une simplicité délibérément construite de telle sorte qu’elle puisse travailler tranquillement.Marcel Proust a pris une décision  en 1910 de se retirer complètement de la société. Pablo Picasso et sa campagne Fernande Olivier ont piqué l’idée casanière de Stein et Toklas en faisant de leur dimanche une journée passée « à la maison » et ils consacraient un seul après-midi dans la semaine aux amis.

    Cependant, ce relatif isolement apparait beaucoup moins attrayant que les autres routines. On ira même plus loin en disant que les habitudes des ces génies sont souvent étranges, peut être parce qu’elles sont extrêmement inaccessible. Puisque même l’idée d’organiser son temps est malheureusement hors de portée pour la plupart d’entre nous.

    Par conséquent, je vais terminer par  une grande pensée pour  tous ceux qui ont su réaliser de grandes œuvres même en ayant des contraintes dépendantes d’autres personnes. Comme Francine Prose, qui commençait l’écriture lorsque le bus scolaire de ses enfants s’en allait et s’arrêtait lors de leur retour ou encore Thomas Eliot qui ne trouvait de l’inspiration que pendant son travail à la banque; ou même Francis Scott Fitzgerlad, qui se focalisait sur son écriture le matin avant ses heures d’instruction quand il était jeune officier militaire.  Ces jours n’étaient pas aussi légendaires que sa vie à paris, mais ils étaient sans doute plus productifs (et plus cléments sur son foie).

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